Mon frère et moi rejoignions notre père, en France, chaque été. Nous prenions l'avion tous les deux, sous la responsabilité d'une hôtesse, pour retrouver notre papa. Il vivait en compagnie de ma grand-mère, jusqu'à ce qu'Annie les rejoigne et devienne sa femme.
C'est ainsi que les adultes en devenir que nous étions puisèrent leurs fondements dans deux milieux diamétralement opposés :
- Celui, de condition très modeste, dans lequel nous évoluions la majorité du temps avec une maman qui travaillait beaucoup pour un salaire miséreux,
- Celui, de condition sociale très favorisée (la famille d'Annie était aisée) dans lequel nous nous complaisions, l'été, avec la conscience de vivre des vacances extraordinaires.
J'ai ainsi emprunté ce chemin souvent caillouteux et parfois doux, jusqu'à notre arrivée définitive en France.
A cette époque j'ai pris conscience de ce qu'étaient les différentes sociétés.
Celles des HLM, à Avignon puis à Salon de Provence, où je vivais durant l'année scolaire, et celles des villas et des villégiatures en Espagne dans lesquelles j'évoluais durant un temps qui me semblait si court... Peut-être parce que c'était les vacances ?